Jim Queen : Sacré, jamais diffusé ?
Revue de presse du 21 juin 2026
Il y a sept ans, quand ses auteurs l’écrivaient, Jim Queen était une farce légère. Le durcissement politique l’a rattrapé : « on a dû s’adapter », confient-ils en promotion. Le film a viré au pamphlet parce que le pays a viré. Premier symptôme.
Le second est chiffré. Budget : 4,97 millions d’euros. Préachats de diffuseurs : zéro.
On objectera le format : une animation adulte, interdite aux moins de douze ans, n’a pas sa case en clair. L’argument tomberait si le streaming n’avait pas reculé aussi. Or c’est tout son métier, à la plateforme : cibler les niches que la télé généraliste ne sait plus servir. Celle-ci, elle l’a jugée trop risquée.
Faute de moyens (119 000 euros levés au porte-à-porte), le film s’est amputé lui-même : pas une lesbienne, pas une personne trans à l’écran. Un récit sur une communauté menacée d’effacement, partiellement effacé par ses propres comptes.
Et pourtant, il existe. Drôle, irrévérencieux, vivant. Comme l’écrit Le HuffPost, ses auteurs « n’ont pas trouvé de quoi guérir l’industrie, mais un très bon remède à la morosité ». Reste le paradoxe : le CNC a adoubé le film quand le marché, lui, le refusait. Un film que l’institution sacre et que nul diffuseur n’ose porter n’a pas gagné. Il a été confiné.
Bon dimanche ☕️
Albin Serviant
Revue de Presse Internationale
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FRANCE
🇫🇷 Paris lance sa charte d’accueil inclusif pour la Quinzaine
À l’ouverture de la Quinzaine des fiertés, la Ville de Paris a lancé le 18 juin sa Charte d’accueil inclusif et installé un comité de pilotage dédié au tourisme LGBT+. Portée par l’association Paris Diversité, la Chambre de commerce, l’office du tourisme, Paris je t’aime, le SNEG & Co et l’Inter-LGBT, la démarche engage commerces, hôtels et lieux culturels à garantir des espaces sûrs aux visiteurs LGBTQIA+. Objectif affiché : structurer durablement l’offre touristique et conforter l’attractivité internationale de la capitale. L’initiative intervient dans un contexte de regain des actes anti-LGBT et à quelques jours de la Marche des fiertés du 27 juin. Première destination touristique mondiale, Paris mise sur l’accueil pour répondre à un climat social plus tendu.
Ville de Paris, 18/06/2026
🇫🇷 Marches des fiertés : des dizaines de villes ont défilé le 20 juin
Une dizaine de villes françaises ont défilé pour les droits LGBT+ : Strasbourg, Rennes, Grenoble, Montpellier, Brest, Rouen, Chalon-sur-Saône, Auch, Joigny et Guéret. À Montpellier, deux jours de festivités réunissent associations et habitants autour d’un village associatif. Ces marches de proximité, souvent organisées dans des villes moyennes, prolongent un Mois des fiertés marqué par la hausse des actes LGBTphobes recensés par SOS homophobie et par des tentatives d’interdiction émanant de certains élus locaux. Après les grandes métropoles, la fierté gagne les territoires intermédiaires, où la visibilité reste un enjeu et parfois un risque. La Marche parisienne du 27 juin clôturera cette séquence printanière.
Pride.fr, 20/06/2026
🇫🇷 Une femme trans porte plainte contre le consulat américain à Paris
Une femme trans française a déposé plainte contre le consulat des États-Unis à Paris, après son refus de corriger le marqueur de genre sur des documents administratifs. L’affaire prolonge le durcissement de l’administration Trump sur la reconnaissance juridique des personnes trans, notamment les mentions de sexe sur les passeports et actes officiels, depuis le décret de janvier 2025 réduisant la reconnaissance fédérale à deux sexes. Au-delà du cas individuel, la procédure pourrait tester l’application extraterritoriale de ces orientations et leurs effets sur les ressortissants concernés à l’étranger. Elle rappelle que les reculs américains produisent des conséquences bien au-delà des frontières, jusque dans les démarches quotidiennes des personnes trans vivant en France.
Libération, 19/06/2026
🇫🇷 Paris : une conférence sur la dépénalisation dans 68 pays
Le 25 juin, l’Association pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité (ADUH) et STOP homophobie organisent à l’Hôtel de Ville de Paris une conférence sur les stratégies de plaidoyer dans les pays où les personnes LGBT+ restent poursuivies. Point de départ : 68 États criminalisent encore l’homosexualité, dont 11 prévoient la peine de mort, et les arguments juridiques classiques peinent à convaincre là où les gouvernements invoquent la souveraineté culturelle ou les « valeurs traditionnelles ». Chercheurs et militants venus d’Afrique et d’Asie y débattront d’approches adaptées aux contextes locaux. La conférence intervient alors que le Niger vient de criminaliser les relations entre personnes de même sexe et que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest durcissent leurs lois.
ADUH / Ville de Paris, 25/06/2026
POLITIQUE & ÉLECTIONS
🇩🇪 Autodétermination : la SPD bloque le durcissement voulu par la CDU
Alors que la CDU/CSU et plusieurs ministres régionaux de la Justice veulent durcir sans délai la loi allemande d’autodétermination de genre, la SPD a refusé au Bundestag tout assouplissement précipité. Sa porte-parole sur les questions juridiques, Carmen Wegge, a estimé qu’il n’existe aujourd’hui aucune raison de modifier le texte, l’évaluation prévue par le contrat de coalition n’étant attendue que d’ici au 31 juillet. Les associations dénoncent une suspicion généralisée envers les personnes trans, que la droite alimente en citant la hausse des changements d’état civil enregistrés depuis l’entrée en vigueur de la loi. Le bras de fer place la coalition allemande dans une situation délicate avant la pause estivale parlementaire.
queer.de, 18/06/2026
🇩🇪 Klöckner refuse le drapeau arc-en-ciel au Bundestag
Julia Klöckner (CDU), présidente du Bundestag, a maintenu son refus de pavoiser le Parlement aux couleurs arc-en-ciel pour le CSD de Berlin, prévu en juillet. Elle invoque un devoir de neutralité, la manifestation pour les droits queer n’ayant selon elle aucun lien avec l’institution parlementaire, et n’autorise le drapeau que le 17 mai, journée contre l’homophobie. Le pavoisement avait pourtant eu lieu chaque année depuis 2022, sous la coalition précédente, avant qu’elle n’y mette fin à son arrivée en mars 2025. Raillant ses détracteurs, à qui elle prête une « profondeur intellectuelle limitée », elle cristallise un débat allemand récurrent sur la visibilité institutionnelle des fiertés, sur fond de poussée de l’AfD.
queer.de, 14/06/2026
🇺🇸 Floride : un comté troque la Pride contre un « Mois de la foi »
La commission du comté de Pinellas, en Floride, a refusé de proclamer le Mois des fiertés et signé à l’unanimité de ses sept membres une résolution instaurant un « Mois de la foi et de la famille ». Pour la première fois en près de dix ans, la Pride n’est pas reconnue par le comté, qui l’avait célébrée huit des neuf années précédentes. La décision intervient dans un État devenu laboratoire des politiques conservatrices anti-LGBT, et fait écho à la proclamation similaire du gouverneur Ron DeSantis. Les célébrations locales se poursuivent, mais ce vote montre comment des élus marginalisent symboliquement les communautés LGBT+ sans nouvelle loi répressive. La reconnaissance institutionnelle elle-même devient un terrain de bataille politique.
Axios Tampa Bay, 18/06/2026
🇺🇸 Floride : deux hommes noirs et gays visent le Congrès en 2026
Les démocrates Elijah Manley et Shevrin Jones briguent chacun un siège à la Chambre des représentants en Floride. Manley se présente dans le 20e district, Jones dans le 24e, où la sortante Frederica Wilson ne se représente pas. Si Jones l’emporte, il deviendrait le premier élu ouvertement gay envoyé au Congrès par la Floride, lui qui fut déjà le premier sénateur d’État ouvertement LGBT+. Leurs candidatures, dont les primaires se tiennent le 18 août, interviennent dans un État où les questions LGBT+ ont structuré les affrontements récents. Encore très minoritaires au Capitole, les élus cumulant ces identités, noirs et ouvertement gays, restent une poignée, et ces campagnes élargissent lentement la représentation politique américaine.
USA Today, 16/06/2026
DROITS & JUSTICE
🇳🇱 Les Pays-Bas interdisent les thérapies de conversion (57 voix)
Le Sénat néerlandais a approuvé le 17 juin, par 57 voix sur 75, l’interdiction des « thérapies de conversion ». Déjà voté par la chambre basse en septembre 2025, le texte punit jusqu’à deux ans de prison et 27 500 euros d’amende toute tentative de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, y compris par pression psychologique, prières ou exorcisme, lorsqu’elle vise un mineur ou un adulte vulnérable. La loi entrera en vigueur après promulgation par le roi Willem-Alexander. Les partisans rappellent le lien établi par plusieurs études entre ces pratiques et la dépression ou les pensées suicidaires. Les Pays-Bas rejoignent les pays européens qui les bannissent, quand la France et l’Allemagne peinent encore à appliquer ou renforcer leurs dispositifs.
Washington Blade, 17/06/2026
🇺🇸 Mamdani refuse de livrer les dossiers de jeunes trans au DOJ
Le maire de New York Zohran Mamdani a refusé de se plier à une assignation pénale du ministère de la Justice réclamant les dossiers médicaux de jeunes trans soignés à NYU Langone Health. Le service juridique de la municipalité a déposé un mémoire de soutien aux patients, à l’appui d’une requête de l’ACLU, de la NYCLU et de Lambda Legal pour bloquer la transmission des identités, des traitements et des noms des soignants. « Vos décisions médicales et vos informations de santé vous appartiennent, pas au gouvernement », a écrit l’élu le 15 juin. La démarche fédérale, dénoncée comme une intimidation, vise plusieurs hôpitaux et cherche aussi à savoir si les soins d’affirmation de genre y sont codés sous d’autres intitulés.
The Advocate, 16/06/2026
SANTÉ
🇺🇸 La FTC et quatre États attaquent la WPATH en justice
La Federal Trade Commission de Donald Trump et quatre États républicains, le Texas, l’Iowa, le Nebraska et l’Alaska, ont assigné le 17 juin la WPATH, principale organisation mondiale de référence sur la santé des personnes trans. Déposée devant un tribunal fédéral de Fort Worth, la plainte accuse l’association de pratiques trompeuses sur la sécurité, l’efficacité et la nécessité des soins d’affirmation de genre pour les mineurs, des bloqueurs de puberté aux hormones et aux chirurgies. La WPATH rejette ces accusations et dit attendre le même résultat que lors de précédentes attaques. Les défenseurs des droits y voient une offensive juridique destinée à délégitimer une médecine trans fondée sur les preuves, au service de l’agenda anti-trans de l’administration fédérale.
The Advocate, 17/06/2026
ENTREPRISES & DEI
🇺🇸 Laverne Cox : ses revenus chutent de 50 % avec le recul de la DEI
L’actrice et militante trans Laverne Cox affirme que ses revenus ont diminué d’environ 50 % depuis le reflux des politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) aux États-Unis. Dans un entretien à The Advocate, elle explique que de nombreuses interventions, partenariats et opportunités liés à ces programmes ont disparu à mesure que des entreprises et des institutions réduisaient leurs engagements sous la pression politique et juridique. Son témoignage met au jour une conséquence peu documentée des offensives contre la DEI : leurs effets économiques concrets sur les personnes dont la visibilité et l’expertise étaient directement valorisées. Au-delà de son cas, les guerres culturelles autour de la diversité produisent aussi des répercussions matérielles pour les minorités visées.
The Advocate, 19/06/2026
VIOLENCES & RÉPRESSION
🇷🇺”1 112 visas « de valeurs traditionnelles”
Moscou affirme avoir délivré 1 112 visas « de valeurs traditionnelles » en 2025 à des étrangers fuyant des sociétés jugées « néolibérales », dont 140 Français, deuxième nationalité derrière les Allemands (168) et devant les Américains (105). Créé en 2024 par décret de Vladimir Poutine, ce visa, surnommé « anti-woke » par la presse occidentale, ouvre un séjour de trois mois puis un titre de résidence. Modeste à l’échelle migratoire, le dispositif sert surtout la guerre culturelle du Kremlin contre les droits LGBT+ et les mouvements féministes, la Russie se présentant en refuge idéologique face à un Occident décrit comme décadent.
Le Figaro, 17/06/2026
CULTURE & SPORT
🇫🇷 « Jim Queen » : une comédie d’animation gay après 7 ans de travail
Sorti le 17 juin, « Jim Queen », des réalisateurs Marco Nguyen et Nicolas Athané, est une rare comédie d’animation française centrée sur la culture gay. Le film imagine une épidémie d’« Hétérose » transformant les hommes homosexuels en hétérosexuels, satire absurde qui convoque les paniques morales contemporaines et la mémoire du sida. Sous l’humour irrévérencieux et les couleurs pop, les auteurs revendiquent un regard politique sur l’homophobie persistante. Développé pendant 7 ans malgré des difficultés de financement, le projet témoigne aussi de la lente ouverture du cinéma d’animation aux récits LGBT+, encore largement absents des productions grand public françaises. Une proposition à part dans un genre longtemps réservé au seul jeune public.
Le Monde, 17/06/2026
🇫🇷 Arte : « Hymnes queers » retrace 50 ans de bandes-son LGBT+
Diffusée en juin sur Arte, la mini-série documentaire « Hymnes queers » explore l’histoire politique et culturelle de chansons devenues des repères pour plusieurs générations LGBT+. En 4 épisodes, elle relie disco, pop, house et militantisme, de l’après-Stonewall aux combats actuels. Son intérêt tient à son refus de séparer culture et politique : ces morceaux ne sont pas seulement des succès, mais aussi des outils de visibilité, de rassemblement et parfois de résistance. À l’heure où les offensives anti-LGBT+ se multiplient dans plusieurs pays, ce retour sur plus de 50 ans d’héritages musicaux rappelle que les conquêtes sociales ont aussi une bande-son. Une histoire culturelle souvent absente des grands récits patrimoniaux.
têtu·, 19/06/2026
🇫🇷 Paris : 300 photos de la collection d’Elton John au Jeu de Paume
Présentée au Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre 2026, l’exposition « Fragile Beauté » réunit près de 300 photographies issues de la collection de Sir Elton John et de son mari David Furnish, riche de plus de 7 000 tirages. Le parcours, qui couvre les années 1950 à aujourd’hui et plus de 140 artistes (Mapplethorpe, Diane Arbus, Nan Goldin), porte une attention particulière aux corps, aux identités et aux marges sociales. Venue du Victoria and Albert Museum de Londres, l’exposition rappelle le rôle d’artistes et de collectionneurs LGBT+ dans la préservation d’histoires longtemps absentes des institutions. Dans un climat de polarisation autour de la diversité, voir une collection queer occuper un grand lieu de la culture française est aussi un acte de visibilité assumé.
têtu·, 19/06/2026
🇫🇷 Rita Mae Brown et Sarah Schulman rééditées en français
Deux figures majeures de la littérature lesbienne et queer reviennent en librairie française : Rita Mae Brown avec « Rubyfruit Jungle », roman culte paru en 1973, et Sarah Schulman, dont plusieurs textes étaient longtemps difficiles d’accès. Plus de 50 ans après le livre de Brown, ces rééditions témoignent d’un intérêt renouvelé pour des œuvres qui ont accompagné les luttes féministes, lesbiennes et LGBT+ aux États-Unis. Alors que le débat public se concentre sur les droits queer contemporains, ce retour aux textes fondateurs rappelle que les combats actuels s’enracinent dans une histoire intellectuelle et politique plus longue, encore méconnue du lectorat francophone. Une mémoire que la traduction contribue enfin à transmettre.
Libération, 19/06/2026
🇬🇧 Rugby inclusif : plus d’une centaine de clubs affiliés à l’IGR
Le rugby inclusif poursuit sa croissance au Royaume-Uni. Selon l’International Gay Rugby (IGR), plus d’une centaine de clubs, près de 150 selon le réseau, sont aujourd’hui affiliés à travers le monde, contre une poignée il y a vingt ans. Dans l’est de l’Angleterre, les Colchester Kings, fondés en 2022 avec 30 participants au premier entraînement, rassemblent désormais une centaine de joueurs, entraîneurs et soutiens, et d’autres équipes ont émergé dans l’Essex, le Norfolk et à Cambridge. Ces clubs répondent à un besoin simple : offrir aux personnes LGBT+ un cadre sportif où elles n’ont pas à négocier leur place. Le rugby professionnel masculin anglais, lui, ne compte toujours aucun joueur ouvertement gay dans l’élite.
BBC News, 20/06/2026
🇺🇸 Baseball : les York Revolution déclarent forfait à un match Pride
Aux États-Unis, l’équipe de baseball des York Revolution, en Pennsylvanie, a déclaré forfait à un match de la Pride après que plusieurs joueurs ont refusé de porter le maillot arc-en-ciel prévu pour la soirée. Plutôt que d’aligner une formation incomplète ou de renoncer au maillot, le club a préféré annuler sa participation, suscitant l’incompréhension des organisateurs et des supporters LGBT+. L’épisode prolonge une série de reculs dans le sport américain, où plusieurs franchises ont discrètement abandonné leurs soirées Pride sous la pression conservatrice depuis 2025. Entre gestes d’inclusion et résistances internes, les nuits arc-en-ciel deviennent un terrain de bataille politique jusque dans les ligues mineures.
PinkNews, 19/06/2026
🇵🇸 « La Belle de Gaza » : l’exil de femmes trans de Gaza sur Arte
Arte rediffuse cette semaine « La Belle de Gaza », documentaire de la réalisatrice française Yolande Zauberman présenté à Cannes en 2024. Tourné dans le Tel-Aviv d’avant la guerre, sur la rue Hatnufa, le film suit la quête d’une jeune femme trans qui aurait fui Gaza à pied, et donne un visage à des existences rarement documentées : celles de femmes trans palestiniennes prises en étau entre persécution, exil et précarité. On y croise Talleen Abu Hanna, première Miss Trans d’Israël. Troisième volet d’une trilogie de Zauberman sur la nuit de Tel-Aviv, après « M », césarisé en 2020, le documentaire retrouve une actualité brûlante alors que la guerre a refermé toute issue à Gaza.
🇦🇺 Sydney : le Mardi Gras convoque une assemblée extraordinaire
Le Sydney Gay and Lesbian Mardi Gras, l’un des plus grands événements LGBTQ+ au monde, tiendra le 4 juillet une assemblée générale extraordinaire pour trancher des motions explosives : révocation de dirigeants, place des personnes trans et solidarité avec la Palestine. À l’origine du conflit, le refus du conseil d’appliquer une résolution adoptée à la précédente assemblée par 578 voix contre 546, qui demandait de condamner l’administration Trump et de mettre les droits trans au cœur du défilé. S’y ajoutent la colère après l’annulation de la fête 2026 et des soupçons sur un prestataire lié à la guerre à Gaza. La convocation conclut dix-huit mois de crises internes qui fragilisent l’institution australienne.
Star Observer, 17/06/2026
À CONTRE-COURANT
🇵🇹 Portugal : le président bloque la loi sur les drapeaux idéologiques
Le président portugais António José Seguro, en fonction depuis mars 2026, a refusé de promulguer une loi adoptée le 17 avril par le Parlement, qui restreignait l’affichage de « drapeaux idéologiques », dont le drapeau LGBT+, sur les bâtiments publics. Portée par la droite et l’extrême droite, la mesure visait les symboles jugés « partisans » dans l’espace public. En renvoyant le texte aux députés, le chef de l’État, socialiste, a invoqué des difficultés juridiques et de proportionnalité. L’affaire n’est pas close, le Parlement pouvant tenter de surmonter le veto, mais celui-ci empêche pour l’heure l’entrée en vigueur d’une mesure qui aurait réduit la visibilité des symboles de diversité au Portugal.
Portugal.fr, 18/06/2026
🇺🇸 Sondage : 51 % des électeurs préfèrent un candidat pro-LGBT+
Malgré des années de campagnes républicaines hostiles, une enquête de Data for Progress montre que 51 % des électeurs susceptibles de voter préfèrent un candidat soutenant ouvertement les droits LGBT+, contre 32 % pour un candidat qui s’y oppose, un écart de 19 points. Ce choix réunit 76 % des démocrates, 54 % des indépendants et un républicain sur quatre. Seul 1 % des sondés cite toutefois les questions LGBT+ comme priorité de vote. Ce décalage rappelle que les offensives anti-LGBT, et particulièrement anti-trans, pèsent dans le discours politique bien au-delà de leur poids réel dans les préoccupations des électeurs. Le soutien à l’égalité reste un atout électoral plutôt qu’un handicap.
The Advocate, 19/06/2026
🌍 Oxfam Afrique retire un guide déconseillant le mot « LGBTQ »
Oxfam en Afrique a retiré un document interne qui recommandait d’« éviter le terme LGBTQIA+ » dans certaines communications, après la contestation d’organisations de défense des droits et de militants africains. Diffusé le 1er juin pour validation par les directions pays, le guide présentait cette terminologie comme importée d’Occident et susceptible de compliquer les plaidoyers locaux. Ses détracteurs y ont vu un effacement symbolique des personnes concernées. Selon The New Humanitarian, des documents attestent d’une censure interne remontant à 2024. Face aux réactions, l’organisation a reconnu des erreurs et abandonné le texte. L’épisode éclaire une tension du mouvement des droits humains : adapter le discours aux contextes locaux sans reprendre les arguments des gouvernements qui délégitiment les identités LGBT+.
The New Humanitarian, 10/06/2026
🇪🇺 « Voices of Pride » : dix vedettes européennes pour les droits LGBT+
À l’occasion du Mois des fiertés, dix personnalités européennes de la culture, du sport et du spectacle, dont les chanteuses Zara Larsson et Björk, participent à la campagne « Voices of Pride » lancée par Euronews pour réaffirmer leur soutien aux droits LGBT+. Portée dans un contexte d’offensives politiques contre les minorités sexuelles et de genre dans plusieurs pays européens, l’initiative met en avant des témoignages personnels et des appels à la solidarité. Si la notoriété ne remplace pas le travail des associations, elle aide à maintenir ces questions dans l’espace public quand des gouvernements cherchent à les marginaliser. La campagne, qui court jusqu’au 30 juin, rappelle que les droits LGBT+ restent un enjeu européen contemporain, et non un combat déjà gagné.
Euronews, 15/06/2026
🌍 Pride : de quelques centaines de manifestants à un phénomène mondial
À l’approche d’un week-end marqué par des centaines de Marches des fiertés dans le monde, i24NEWS retrace la transformation d’un mouvement né des émeutes de Stonewall, en 1969, en rendez-vous planétaire mêlant revendication politique, visibilité et célébration. Des premiers défilés de quelques centaines de personnes aux festivals attirant aujourd’hui des centaines de milliers de participants, les Pride ont changé d’échelle. Cette croissance nourrit des débats sur leur commercialisation, mais elle traduit aussi un élargissement sans précédent de la visibilité LGBT+. Alors que plusieurs pays renforcent la répression des minorités sexuelles et de genre, la capacité des Pride à mobiliser simultanément sur plusieurs continents rappelle leur rôle d’espace de résistance, de mémoire et de solidarité internationale.
i24NEWS, 20/06/2026

